{"id":756,"date":"2025-10-04T14:30:38","date_gmt":"2025-10-04T13:30:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/?page_id=756"},"modified":"2025-10-27T09:39:15","modified_gmt":"2025-10-27T08:39:15","slug":"a-propos-de-gustave-roud","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/la-poesie-le-poete-commentaires\/a-propos-de-gustave-roud\/","title":{"rendered":"A propos de Gustave Roud"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-justify is-style-text-subtitle has-accent-5-background-color has-background has-medium-font-size is-style-text-subtitle--1 wp-block-paragraph\"><strong>Jos\u00e9-Flore TAPPY<\/strong><br>\u00ab\u00a0Quiconque a connu Roud se souviendra toujours de son apparence d\u00e9licate, de sa voix t\u00e9nue, presque effarouch\u00e9e devant l&rsquo;interlocuteur; de sa r\u00e9serve et de son regard craintif; fragilit\u00e9 que traversait parfois, d&rsquo;un mouvement vif et m\u00eame cinglant, un trait d&rsquo;humour. Sa prose \u00e9tonne, alors, par son autorit\u00e9, sa vaste respiration, sa vigoureuse sensualit\u00e9. C&rsquo;est que deux voix, deux visages alternent en Roud, d\u00e9chir\u00e9 sa vie durant entre la d\u00e9tresse de l&rsquo;exclusion et l&rsquo;ardeur de la vie, la solitude et le r\u00eave d&rsquo;une rencontre, le d\u00e9sert int\u00e9rieur et l&rsquo;errance la plus lumineuse.\u00a0\u00bb<br><em>Etat de veille Revue europe. octobre 2002<\/em><br><br>\u00ab\u00a0Le po\u00e8te Gustave Roud a marqu\u00e9 la Suisse romande d&rsquo;une pr\u00e9sence unique et rare, en un si\u00e8cle de grande effervescence litt\u00e9raire.\u00a0\u00bb<br><em>Jaccottet &#8211; Gustave Roud. Correspondance 1942-1976.<\/em> <br>Les cahiers de la NRF Gallimard 2002<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify is-style-text-subtitle has-accent-2-background-color has-background has-medium-font-size is-style-text-subtitle--2 wp-block-paragraph\"><strong>Philippe JACCOTTET<\/strong><br><br>(Visite \u00e0 Gustave Roud)<br>\u00ab\u00a0Le soir tombait sans que la lampe f\u00fbt aussit\u00f4t allum\u00e9e ; on avait tout le temps de sentir son lent d\u00e9clin dans la maison ; bien qu&rsquo;abrit\u00e9s, on percevait, tout proche, le monde \u00e9l\u00e9mentaire, dans sa constance, sa tranquillit\u00e9, sa murmurante puissance. Les paroles allaient sans h\u00e2te dans l&rsquo;air, comme des fum\u00e9es ; les silences \u00e9taient pleins de leur \u00e9cho ; des livres s&rsquo;ouvraient comme s&rsquo;ouvrent les cassettes dans les contes. [&#8230;] Pas de d\u00e9bats, presque pas d'\u00a0\u00bbid\u00e9es\u00a0\u00bb [&#8230;] Simplement se reb\u00e2tissait chaque fois l&rsquo;espace n\u00e9cessaire pour que les seules voix qui comptent fussent entendues.\u00a0\u00bb<br><em>Gustave Roud par Philippe Jaccottet. <\/em>Seghers, 1968 (R\u00e9\u00e9d. 2002)<br><br>\u00ab\u00a0Roud a cit\u00e9 souvent, et on ne peut \u00e9viter de le faire apr\u00e8s lui, ce fragment de Novalis qu&rsquo;il a traduit ainsi: <em>Le Paradis est dispers\u00e9 sur toute la terre, c&rsquo;est pourquoi on ne le reconna\u00eet plus. Il faut r\u00e9unir ses traits \u00e9pars. <\/em>Ce fragment est une des cl\u00e9s de son oeuvre&#8230;\u00a0\u00bb<br>Pr\u00e9face \u00e0 <em>Air de la solitude. Gustave Roud. <\/em>NRF Po\u00e9sie Gallimard 2002<br><br>\u00ab\u00a0Chez Gustave Roud, il arrive que la brume se d\u00e9chire, que l&rsquo;amour redevienne possible, et du m\u00eame coup la magie de l&rsquo;art. Un paysage s&rsquo;\u00e9tablit. Tout un monde se reb\u00e2tit, non point par \u00e9clairs, mais lentement, pr\u00e9cautionneusement, solennellement, par de longues phrases harmonieuses, subtiles, tendres ; tant\u00f4t par morceaux, par touches qui ressemblent \u00e0 des notations de peintre [&#8230;] En les lisant, on n&rsquo;est pas surpris d&rsquo;apprendre que Roud admire par-dessus tout Poussin, Vermeer et C\u00e9zanne, organisateurs d&rsquo;harmonies \u00e0 la fois nobles et myst\u00e9rieuses, v\u00e9ritable rassembleurs du Paradis terrestre.\u00a0\u00bb<br><em>Ce qu&rsquo;on arrache \u00e0 la brume. NRF, f\u00e9vrier 1959<\/em>. Revue europe. octobre 2002<br> <br>\u00ab\u00a0Roud a ressembl\u00e9 \u00e0 ces savants et acharn\u00e9s d\u00e9fricheurs de textes \u00e9crits dans des langues tr\u00e8s anciennes et presque inconnues qui y cherchent le secret de la vie et n&rsquo;en meurent pas moins \u00e0 leur tour. Il lisait le monde autour de lui, autrement que nous, il y d\u00e9couvrait des fragments de promesse comme dans une bible de verdure et de terre, il ne cessait de le relire; mais souvent il se demandait s&rsquo;il n&rsquo;avait pas mal lu, s&rsquo;il ne s&rsquo;\u00e9tait pas fait illusion. Pour imputer ses doutes, finalement, \u00e0 sa propre faiblesse.\u00a0\u00bb<br><em>Gustave Roud. 24 Heures, Lausanne janvier 1977. <\/em>Revue europe. octobre 2002<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify is-style-text-subtitle has-contrast-color has-accent-6-background-color has-text-color has-background has-link-color has-medium-font-size wp-elements-889592b037f72de257db83f43b0ab930 is-style-text-subtitle--3 wp-block-paragraph\"><strong>CARO<\/strong><br>\u00ab\u00a0Roud voit tout, pas seulement le donn\u00e9, l&rsquo;offert, mais aussi le cach\u00e9, l&rsquo;invisible; il se meut \u00e0 l&rsquo;abord cach\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments quasi divin, et pourtant rien en lui de d\u00e9miurgique, son approche n&rsquo;a rien d&rsquo;hugolienne, il ne brasse pas les forces et formes \u00e0 l&rsquo;oeuvre en titan avide&#8230;\u00a0\u00bb<br>Pr\u00e9face \u00e0 <em>Requiem et autres po\u00e8mes. Gustave Roud<\/em>. Editions Zo\u00e9. 2024<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify is-style-text-subtitle has-accent-5-background-color has-background has-medium-font-size is-style-text-subtitle--4 wp-block-paragraph\"><strong>ALAIN LEVEQUE<\/strong><br>\u00ab\u00a0Le foyer rayonnant de cette campagne r\u00e9invent\u00e9e est le paysan dans sa maturit\u00e9 et sa force. Roud le glorifie en une image qui participe de celle, primitivisante, de l&rsquo;homme naturel [&#8230;]. Mais la figure qu&rsquo;il repr\u00e9sente d\u00e9borde le mythique ou l&rsquo;all\u00e9gorique. Ic\u00f4ne profane, il incarne le vivant-mortel dans son absolu tel que Roud le r\u00eave. Il est un fr\u00e8re ontologique, l&rsquo;autre ardemment d\u00e9sir\u00e9 et en lequel le po\u00e8te continuera de croire jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, non sans savoir que cet \u00eatre mi-r\u00e9el, mi-fictif ne cesse de rena\u00eetre de son imaginaire et des cendres d&rsquo;une aspiration impossible \u00e0 assouvir.<br><em>Une qu\u00eate de l&rsquo;\u00eatre au monde. <\/em>Revue europe. octobre 2002<\/p>\n\n\n\t<div id=\"respond\" class=\"comment-respond wp-block-post-comments-form\">\n\t\t<h3 id=\"reply-title\" class=\"comment-reply-title\">Laisser un commentaire <small><a rel=\"nofollow\" id=\"cancel-comment-reply-link\" href=\"\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/756#respond\" style=\"display:none;\">Annuler la r\u00e9ponse<\/a><\/small><\/h3><form action=\"https:\/\/www.eric-maurice.com\/wp-comments-post.php\" method=\"post\" id=\"commentform\" class=\"comment-form\"><p class=\"comment-notes\"><span id=\"email-notes\">Votre adresse e-mail ne sera pas publi\u00e9e.<\/span> <span class=\"required-field-message\">Les champs obligatoires sont indiqu\u00e9s avec <span class=\"required\">*<\/span><\/span><\/p><p class=\"comment-form-comment\"><label for=\"comment\">Commentaire <span class=\"required\">*<\/span><\/label> <textarea id=\"comment\" name=\"comment\" cols=\"45\" rows=\"8\" maxlength=\"65525\" required><\/textarea><\/p><p class=\"comment-form-author\"><label for=\"author\">Nom <span class=\"required\">*<\/span><\/label> <input id=\"author\" name=\"author\" type=\"text\" value=\"\" size=\"30\" maxlength=\"245\" autocomplete=\"name\" required \/><\/p>\n<p class=\"comment-form-email\"><label for=\"email\">E-mail <span class=\"required\">*<\/span><\/label> <input id=\"email\" name=\"email\" type=\"email\" value=\"\" size=\"30\" maxlength=\"100\" aria-describedby=\"email-notes\" autocomplete=\"email\" required \/><\/p>\n<p class=\"comment-form-url\"><label for=\"url\">Site web<\/label> <input id=\"url\" name=\"url\" type=\"url\" value=\"\" size=\"30\" maxlength=\"200\" autocomplete=\"url\" \/><\/p>\n<p class=\"comment-form-cookies-consent\"><input id=\"wp-comment-cookies-consent\" name=\"wp-comment-cookies-consent\" type=\"checkbox\" value=\"yes\" \/> <label for=\"wp-comment-cookies-consent\">Enregistrer mon nom, mon e-mail et mon site dans le navigateur pour mon prochain commentaire.<\/label><\/p>\n<p class=\"form-submit wp-block-button\"><input name=\"submit\" type=\"submit\" id=\"submit\" class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" value=\"Laisser un commentaire\" \/> <input type='hidden' name='comment_post_ID' value='756' id='comment_post_ID' \/>\n<input type='hidden' name='comment_parent' id='comment_parent' value='0' \/>\n<\/p><p style=\"display: none;\"><input type=\"hidden\" id=\"akismet_comment_nonce\" name=\"akismet_comment_nonce\" value=\"1e4915b85c\" \/><\/p><p style=\"display: none !important;\" class=\"akismet-fields-container\" data-prefix=\"ak_\"><label>&#916;<textarea name=\"ak_hp_textarea\" cols=\"45\" rows=\"8\" maxlength=\"100\"><\/textarea><\/label><input type=\"hidden\" id=\"ak_js_1\" name=\"ak_js\" value=\"227\"\/><script>\ndocument.getElementById( \"ak_js_1\" ).setAttribute( \"value\", ( new Date() ).getTime() );\n<\/script>\n<\/p><\/form>\t<\/div><!-- #respond -->\n\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jos\u00e9-Flore TAPPY\u00ab\u00a0Quiconque a connu Roud se souviendra toujours de son apparence d\u00e9licate, de sa voix t\u00e9nue, presque effarouch\u00e9e devant l&rsquo;interlocuteur; de sa r\u00e9serve et de son regard craintif; fragilit\u00e9 que traversait parfois, d&rsquo;un mouvement vif et m\u00eame cinglant, un trait d&rsquo;humour. 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