{"id":1561,"date":"2025-12-19T18:54:01","date_gmt":"2025-12-19T17:54:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/?page_id=1561"},"modified":"2025-12-19T18:59:32","modified_gmt":"2025-12-19T17:59:32","slug":"charles-baudelaire","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/anthologie\/charles-baudelaire\/","title":{"rendered":"CHARLES BAUDELAIRE"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-accent-1-background-color has-background wp-block-paragraph\"><strong>LES FLEURS DU MAL <\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li id=\"El\u00e9vation\"><a href=\"#Elevation\">El\u00e9vation<\/a> (<em>Speen et Id\u00e9al<\/em>)<\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#une-charogne\">Une charogne<\/a> (<em>Speen et Id\u00e9al<\/em>)<\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#A-une-madone\">A une madone<\/a> <em>(<em>Speen et Id\u00e9al<\/em>)<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"#La-mort-des-amants\">La mort des amants<\/a> (<em>La mort<\/em>)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"is-style-text-annotation has-accent-5-background-color has-background has-medium-font-size is-style-text-annotation--1 wp-block-paragraph\" id=\"Elevation\" style=\"border-top-left-radius:0px;border-top-right-radius:0px;border-bottom-left-radius:0px;border-bottom-right-radius:0px\"><strong>El\u00e9vation<\/strong><br><br>Au-dessus des \u00e9tangs, au-dessus des vall\u00e9es,<br>Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,<br>Par del\u00e0 le soleil, par del\u00e0 les \u00e9thers,<br>Par del\u00e0 les confins des sph\u00e8res \u00e9toil\u00e9es,<br><br>Mon esprit, tu te meus avec agilit\u00e9,<br>Et, comme un bon nageur qui se p\u00e2me dans l&rsquo;onde,<br>Tu sillonnes gaiement l&rsquo;immensit\u00e9 profonde<br>Avec une indicible et m\u00e2le volupt\u00e9.<br><br>Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;<br>Va te purifier dans l&rsquo;air sup\u00e9rieur,<br>Et bois, comme une pure et divine liqueur,<br>Le feu clair qui remplit les espaces limpides.<br><br>Derri\u00e8re les ennuis et les vastes chagrins<br>Qui chargent de leur poids l&rsquo;existence brumeuse,<br>Heureux celui qui peut d&rsquo;une aile vigoureuse<br>S&rsquo;\u00e9lancer vers les champs lumineux et sereins ;<br><br>Celui dont les pensers, comme des alouettes,<br>Vers les cieux le matin prennent un libre essor,<br>&#8211; Qui plane sur la vie, et comprend sans effort<br>Le langage des fleurs et des choses muettes !<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify is-style-text-annotation has-accent-6-background-color has-background has-medium-font-size is-style-text-annotation--2 wp-block-paragraph\" id=\"une-charogne\" style=\"border-top-left-radius:0px;border-top-right-radius:0px;border-bottom-left-radius:0px;border-bottom-right-radius:0px\"><strong>Une charogne<\/strong><br><br>Rappelez-vous l&rsquo;objet que nous v\u00eemes, mon \u00e2me,<br>Ce beau matin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 si doux :<br>Au d\u00e9tour d&rsquo;un sentier une charogne inf\u00e2me<br>Sur un lit sem\u00e9 de cailloux,<br><br>Les jambes en l&rsquo;air, comme une femme lubrique,<br>Br\u00fblante et suant les poisons,<br>Ouvrait d&rsquo;une fa\u00e7on nonchalante et cynique<br>Son ventre plein d&rsquo;exhalaisons.<br><br>Le soleil rayonnait sur cette pourriture,<br>Comme afin de la cuire \u00e0 point,<br>Et de rendre au centuple \u00e0 la grande Nature<br>Tout ce qu&rsquo;ensemble elle avait joint ;<br><br>Et le ciel regardait la carcasse superbe<br>Comme une fleur s&rsquo;\u00e9panouir.<br>La puanteur \u00e9tait si forte, que sur l&rsquo;herbe<br>Vous cr\u00fbtes vous \u00e9vanouir.<br><br>Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,<br>D&rsquo;o\u00f9 sortaient de noirs bataillons<br>De larves, qui coulaient comme un \u00e9pais liquide<br>Le long de ces vivants haillons.<br><br>Tout cela descendait, montait comme une vague,<br>Ou s&rsquo;\u00e9lan\u00e7ait en p\u00e9tillant ;<br>On e\u00fbt dit que le corps enfl\u00e9 d&rsquo;un souffle vague,<br>Vivait en se multipliant.<br><br>Et ce monde rendait une \u00e9trange musique,<br>Comme l&rsquo;eau courante et le vent,<br>Ou le grain qu&rsquo;un vanneur d&rsquo;un mouvement rythmique<br>Agite et tourne dans son van.<br><br>Les formes s&rsquo;effa\u00e7aient et n&rsquo;\u00e9taient plus qu&rsquo;un r\u00eave,<br>Une \u00e9bauche lente \u00e0 venir,<br>Sur la toile oubli\u00e9e, et que l&rsquo;artiste ach\u00e8ve<br>Seulement par le souvenir.<br><br>Derri\u00e8re les rochers une chienne inqui\u00eate<br>Nous regardait d&rsquo;un oeil f\u00e2ch\u00e9,<br>Epiant le moment de reprendre au squelette<br>Le morceau qu&rsquo;elle avait l\u00e2ch\u00e9.<br><br>&#8211; Et pourtant vous serez semblable \u00e0 cette ordure,<br>A cette horrible infection,<br>Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,<br>Vous, mon ange et ma passion !<br><br>Oui ! telle vous serez, \u00f4 la reine des gr\u00e2ces,<br>Apr\u00e8s les derniers sacrements,<br>Quand vous irez, sous l&rsquo;herbe et les floraisons grasses,<br>Moisir parmi les ossements.<br><br>Alors, \u00f4 ma beaut\u00e9 ! dites \u00e0 la vermine<br>Qui vous mangera de baisers,<br>Que j&rsquo;ai gard\u00e9 la forme et l&rsquo;essence divine<br>De mes amours d\u00e9compos\u00e9s !<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify is-style-text-annotation has-background has-medium-font-size is-style-text-annotation--3 wp-block-paragraph\" id=\"A-une-madone\" style=\"border-top-left-radius:0px;border-top-right-radius:0px;border-bottom-left-radius:0px;border-bottom-right-radius:0px;background:linear-gradient(135deg,rgb(6,147,227) 0%,rgb(26,218,232) 87%,rgb(155,81,224) 100%)\"><strong>A une madone<\/strong><br><em>Ex-voto dans le go\u00fbt espagnol<\/em><br><br>Je veux b\u00e2tir pour toi, Madone, ma ma\u00eetresse,<br>Un autel souterrain au fond de ma d\u00e9tresse,<br>Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,<br>Loin du d\u00e9sir mondain et du regard moqueur,<br>Une niche, d&rsquo;azur et d&rsquo;or tout \u00e9maill\u00e9e,<br>O\u00f9 tu te dresseras, Statue \u00e9merveill\u00e9e.<br>Avec mes Vers polis, treillis d&rsquo;un pur m\u00e9tal<br>Savamment constell\u00e9 de rimes de cristal,<br>Je ferai pour ta t\u00eate une \u00e9norme Couronne ;<br>Et dans ma Jalousie, \u00f4 mortelle Madone,<br>Je saurai te tailler un Manteau, de fa\u00e7on<br>Barbare, roide et lourd, et doubl\u00e9 de soup\u00e7on,<br>Qui, comme une gu\u00e9rite, enfermera tes charmes ;<br>Non de Perles brod\u00e9, mais de toutes mes larmes !<br>Ta Robe, ce sera mon D\u00e9sir, fr\u00e9missant,<br>Onduleux, mon D\u00e9sir qui monte et qui descend,<br>Aux pointes se balance, aux vallons se repose,<br>Et rev\u00eat d&rsquo;un baiser tout ton corps blanc et rose.<br>Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers<br>De satin, par tes pieds divins humili\u00e9s,<br>Qui, les emprisonnant dans une molle \u00e9treinte,<br>Comme un moule fid\u00e8le en garderont l&#8217;empreinte.<br>Si je ne puis, malgr\u00e9 tout mon art diligent,<br>Pour Marchepied tailler une Lune d&rsquo;argent,<br>Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles<br>Sous tes talons, afin que tu fouilles et railles,<br>Reine victorieuse et f\u00e9conde en rachats,<br>Ce monstre tout gonfl\u00e9 de haine et de crachats.<br>Tu verras mes Pensers, rang\u00e9s comme des Cierges<br>Devant l&rsquo;autel fleuri de la Reine des Vierges,<br>Etoilant de reflets le plafond peint en bleu,<br>Te regarder toujours avec des yeux de feu ;<br>Et comme tout en moi te ch\u00e9rit et t&rsquo;admire,<br>Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,<br>Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux,<br>En Vapeurs montera ton esprit orageux.<br><br>Enfin, pour compl\u00e9ter ton r\u00f4le de Marie,<br>Et pour m\u00ealer l&rsquo;amour  avec la barbarie,<br>Volupt\u00e9 noire ! des sept P\u00e9ch\u00e9s capitaux,<br>Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux<br>Bien affil\u00e9s, et comme un jongleur insensible,<br>Prenant le plus profond de ton amour pour cible,<br>Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant,<br>Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify is-style-text-annotation has-accent-2-background-color has-background has-medium-font-size is-style-text-annotation--4 wp-block-paragraph\" id=\"La-mort-des-amants\" style=\"border-top-left-radius:0px;border-top-right-radius:0px;border-bottom-left-radius:0px;border-bottom-right-radius:0px\"><strong>La mort des amants<\/strong><br><br>Nous aurons des lits pleins d&rsquo;odeurs l\u00e9g\u00e8res,<br>Des divans profonds comme des tombeaux,<br>Et d&rsquo;\u00e9tranges fleurs sur des \u00e9tag\u00e8res,<br>Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.<br><br>Usant \u00e0 l&rsquo;envi leurs chaleurs derni\u00e8res,<br>Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,<br>Qui r\u00e9fl\u00e9chiront leurs doubles lumi\u00e8res<br>Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.<br><br>Un soir fait de rose et de bleu mystique,<br>Nous \u00e9changerons un \u00e9clair unique,<br>Comme un long sanglot, tout charg\u00e9 d&rsquo;adieux ;<br><br>Et plus tard un Ange, entr&rsquo;ouvrant les portes,<br>Viendra ranimer, fid\u00e8le et joyeux,<br>Les miroirs ternis et les flammes mortes.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-medium-font-size wp-block-paragraph\"><br><br><br><br><br><br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES FLEURS DU MAL El\u00e9vation Au-dessus des \u00e9tangs, au-dessus des vall\u00e9es,Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,Par del\u00e0 le soleil, par del\u00e0 les \u00e9thers,Par del\u00e0 les confins des sph\u00e8res \u00e9toil\u00e9es, Mon esprit, tu te meus avec agilit\u00e9,Et, comme un bon nageur qui se p\u00e2me dans l&rsquo;onde,Tu sillonnes gaiement l&rsquo;immensit\u00e9 profondeAvec une indicible et m\u00e2le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1338,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1561","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1561","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1561"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1561\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1589,"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1561\/revisions\/1589"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1338"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eric-maurice.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1561"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}